Du bon usage de la honte

Misère, corruption, inceste, violence, pédophilie… autant de situations qui engendrent la honte, chez les coupables ou les présumés coupables bien sûr - mais aussi chez les victimes et les témoins. Sans parler des enfants qui, couramment, se voient infliger des humiliations pour des raisons que l’on croit en toute bonne foi « éducatives ».

Or l’expérience de la honte est si pénible que celui qui l’a éprouvée un jour fait tout pour l’oublier. La honte ne se dissimule pas seulement aux autres, elle se cache d’abord à soi-même. De là elle accouche sournoisement d’accidents, de maladies, de suicides et de meurtres, et aussi de révoltes sauvages, de massacres et de soumissions collectives, alors que chacun croit être le seul à en souffrir.
La honte isole, mine, rend insupportable soi et l’autre. Parfois même elle tue. Notre société a pu croire, à une certaine époque de libération, l’avoir reléguée au magasin des accessoires. Elle lui revient massivement, alors que personne n’est vraiment préparé à l’affronter.

Serge Tisseron en dévoile ici, pour la première fois, les caractéristiques, et il les distingue de ce que la psychanalyse nomme la « culpabilité ». Prendre en compte la honte peut sauver. Thérapeutes et éducateurs doivent s’y préparer. Comment reconnaître la honte, l’accepter, la rendre utile » ? Telle est la question à laquelle tente de répondre ce livre simple, clair et vivant… indispensable.