Le Mystère de la chambre claire (1996)

La photographie n’existe pas seulement sous la forme d’images rangées dans les albums familiaux ou présentées dans les expositions. Elle est d’abord une pratique qui se passe d’images : certaines photographies familiales ne sont jamais développées et la plupart sont à peine regardées plus d’une fois ! Partant de ce constat, l’auteur s’intéresse ici aux gestes du photographe, professionnel ou amateur : regarder à travers un viseur, appuyer sur le bouton, développer une image, la découvrir, la commenter sont autant de façons de nous approprier nos diverses expériences du monde. Sur ce chemin, Serge Tisseron est conduit à remettre en cause quelques lieux communs qui, depuis Roland Barthes, sont souvent repris en consensus... Non, la photographie n’est pas seulement nostalgie du passé. Elle est toujours partagée entre deux désirs opposés et complémentaires : l’un vise à arrêter le défilement du temps et à figer la représentation, l’autre anticipe et accompagne le mouvement du monde. Le premier est mélancolie, le second est bonheur.